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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 14:14
Pour savoir d'où viennent les produits vendus dans les hypermarchés, mieux vaut lire l'étiquette en long, en large et en travers Qui fabrique les produits pour Casino, Auchan, Carrefour ou Leclerc ? Parfois les mêmes usines que pour les grandes marques, parfois de petites PME. Pour s'y retrouver, il faut passer maître dans l'art de décrypter les étiquettes. En se baladant dans les allées du « MDD Expo », qui se tenait récemment à Paris, on découvre qui se cache derrière les produits vendus sous « MDD », marque de distributeurs. Des grands groupes, Bonduelle, Lactalis (pour les produits laitiers), de grandes marques comme Labeyrie ou Delpeyrat et un tas de petites entreprises fournissent la grande distribution. Mais sur l'étiquette, difficile de savoir d'où ça vient comme l'a montré le récent scandale des lasagnes au cheval. Sur le stand de Delpeyrat (produits du Sud-Ouest), les jambons sont vendus à Casino, Carrefour, Cora, Monoprix ou encore Super U. Delpeyrat n'est jamais mentionné sur les emballages, mais uniquement le service consommateur du distributeur. Pour savoir d'où vient un produit, il faut pouvoir décoder le code EMB, pour emballeur, une mention obligatoire. Il est composé du préfixe EMB, suivi du code Insee du département et de la commune. Sur internet, de nombreux sites permettent de remonter le fil. Voilà pour l'origine. Certaines mentions donnent ensuite d'autres indications. Sur le stand Delpeyrat, la démonstratrice désigne par exemple du jambon de Bayonne a priori similaire en tout point. En regardant de plus près, le consommateur remarque que le premier, de Casino, a été affiné 9 mois tandis que le second de « U Saveurs », la marque premium de Super U, a vieilli 12 mois. La garantie des AOC « Chacun a ses recettes, ses demandes un peu spécifiques », confirme un commercial de Sole mio. Cette PME basée à Valence fabrique des pizzas cuites au feu de bois et fournit à 95 % pour la grande distribution. Mais quelle est la différence entre une pizza Carrefour ou Casino ? Certains demandent des pizzas de 400, 420 ou 440 grammes. Dans les ingrédients aussi, il y a des différences, dans les doses de jambon, de fromage, détaille-t-il. « On essaie de les convaincre de suivre nos recettes » mais « nous n'avons pas beaucoup de marge de manœuvre et les relations avec la distribution sont de plus en plus dures ». Pour leurs produits MDD, les enseignes font des appels d'offre sur un certain volume et avec leur cahier des charges. Les fabricants y répondent et les contrats en général sont conclus pour un an avec le plus offrant, raconte Eric Foex, président pour la France d'Ambrosi Emmi, qui fait 25 % de son activité en MDD. Et c'est à partir de ce cahier des charges que le consommateur peut juger la qualité des produits. Sur les produits d'appellation d'origine contrôlée (AOC ou IGP), il n'y a en général pas de mauvaise surprise. « Si c'est un produit AOC, on ne peut pas descendre en dessous du cahier des charges de l'AOC », explique Eric Foex. Par exemple, un comté, pour s'appeler ainsi, doit avoir été affiné au moins 4 mois. Si un distributeur demande un affinage 3 mois, il ne peut y apposer l'appellation comté. En principe, les indications d'origine sont indiquées par des logos sur l'emballage. Mais pour s'y retrouver dans cette jungle des étiquettes, un coup de main peut s'avérer utile. Le site mesgoûts.fr décortique 15 000 références de la grande distribution et des grandes marques. La qualité, les apports nutritionnels, le prix ou le nom du fabriquant y sont indiqués (il faut s'inscrire pour avoir accès à la base de données). Et les grandes marques n'y sont pas forcément mieux notées que les produits MDD… C'est une vénérable institution de 155 ans, la société Leroux, qui dépoussière, à la faveur du prix de l'innovation industrielle dans le Nord/Pas-de-Calais, une image un peu désuète liée à son produit phare, la chicorée. Il ne faut pas se fier aux bâtiments de briques couleur rouille où l'inscription Leroux en filigrane témoigne de l'ancienneté de l'usine. Dans une aile plus récente, dans une salle fraîchement rénovée, trône la machine pilote qui a valu à Leroux un prix couronnant plus de 10 ans de recherche. Le paquet rouge orné d'une Bretonne et du nom de la marque a été remisé il y a longtemps, pour laisser la place à 80 références de chicorée commercialisées : nouvel emballage pour les grains, le produit le plus connu, dosettes de produit soluble, farine de chicorée proposée aux industriels pour améliorer le moelleux de leurs pains. Sécheur-torréfacteur « Certains de nos produits sont associés soit à des périodes relativement difficiles de l'histoire soit à des personnes plus âgées. Ce sont des pans qu'il faut intégrer mais il faut chercher à comprendre les attentes des consommateurs de demain et des utilisateurs », résume Olivier Hermand, directeur général de Chicorée Leroux. Grâce à sa nouvelle machine acquise en 2011, un sécheur-torréfacteur qui lui permet d'enregistrer de nombreuses données, Leroux peut identifier des qualités de la chicorée lui permettant « d'avoir un impact sur le produit final » : amertume, pratique culturale, variété de chicorée, explique Grégoire Volpoet, ingénieur R & D. Un des projets récompensé porte sur la propriété des antioxydants. Avec un temps de processus raccourci, la machine peut traiter rapidement 25 kilos de produit sur lesquels sont effectués les tests. En temps normal, 80 000 tonnes de racines sont récoltées entre septembre et décembre par une réseau de 250 planteurs, principalement dans le Nord/Pas-de-Calais (plus quelques champs en Picardie). Séchées, elles deviennent des cossettes, réduites à un poids de 23 000 tonnes, qui seront torréfiées et transformées sous différentes formes : grains, liquide, soluble, farine… A la fin, ce sont 16 500 tonnes qui sortent du site d'Orchies (Nord). La recherche et développement, auxquels est consacré « au minima 1,5 % du chiffre d'affaires chaque année », permet de « dépoussiérer le côté historique », souligne Olivier Hermand. Même si, note le dirigeant, l'innovation a « toujours » été au centre de l'entreprise : en 1863, cinq ans après ses débuts, la société déposait le premier brevet de Leroux pour une empaqueteuse mécanique qui traitait 200 paquets par heure. Source: Trad'Consulting via www.lest-eclair.fr

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Published by TRAD'CONSULT0136
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