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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 20:27

Carrefour a besoin de trois milliards d'euros pour se relancer

Copyright Reuters
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Pascale Besses-Boumard

Le distributeur devrait annoncer une série de mesures mercredi. Suppressions d'emplois, nouvelles orientations stratégiques, levée de fonds : le nouvel homme fort du groupe Georges Plassat passe à l'action. Un passage par la Bourse ne sera pas simple.

 Le nouvel homme fort du géant de la distribution, Georges Plassat n'a pas vraiment le choix. Il est effectivement condamné à prendre des mesures radicales s'il veut redresser un groupe en manque d'orientation stratégique claire depuis plusieurs années et par ricochet de marges de manoeuvres financières. Du coup, Carrefour devrait annoncer mercredi la suppression de 500 à 600 postes dans ses sièges français. Le groupe compte à ce jour 7.500 salariés en CDI. Ces annonces devraient, en outre, préfigurer une série d'autres décisions similaires, la direction envisageant de procéder par étapes.

 

Vers une augmentation de capital, mais à quel prix ?

Par ailleurs, le géant de la distribution réfléchit aussi à la façon de redynamiser son réseau de magasins. L'équation n'est pas simple alors que ses hypermarchés sont confrontés depuis plusieurs années à une régulière érosion des ventes et que la conjoncture est de plus en plus difficile pour ces groupes réalisant de très faibles marges. Selon certaines estimations, Plassat pourrait avoir besoin de trois milliards d'euros pour financer le redressement de ses hypermarchés européens. Quelle solution choisira le nouvel homme fort de la société ? Lever des fonds en Bourse sera ardu au regard d'un contexte peu évident pour les actions. En outre, Carrefour n'inspire pas la confiance de tous les investisseurs et une augmentation de capital classique ne pourrait se faire qu'avec une importante décote. Cela conviendra-t-il aux actionnaires qui verront donc la création d'un grand nombre d'actions avec une dilution automatique de leur participation ? Rappelons que Bernard Arnault associé à Colony Capital via la structure Blue Capital sont les premiers actionnaires avec plus de 22% des droits de vote.

 

Pour éviter, cette dilution, les dirigeants du distributeur peuvent aussi opter pour une émission obligataire voire une émission d'obligations convertibles en actions. Il faut dire que la marge de manoeuvre n'est pas simple au moment où le cours de l'action est toujours aussi bas. Actuellement, le titre se replie de près de 9% depuis le début de l'année (à 16,10 euros) quand le CAC 40 s'adjuge 9%. Sur trois ans, la chute atteint 50%. Un temps évoquée, la mise en Bourse des actifs immobiliers de carrefour n'est plus d'actualité. Au grand dam de Sébastien Bazin, le patron de Colony qui, avec son prisme immobilier, espérait bien retirer de cette opération de précieux capitaux pour compenser l'exécrable parcours boursier de Carrefour depuis son arrivée avec Bernard Arnault au capital du distributeur. L'action n'est certes pas à un cours plancher puisqu'elle est descendue jusqu'à....12 euros.

 

Des cessions d'actifs en prévision

En attendant de lever des capitaux frais, la direction de Carrefour peut toujours compter sur le cash issu de la cession d'actifs non stratégiques. Elle envisage ainsi quitter certains pays comme la Turquie, l'Indonésie ou la Pologne. Elle doit aussi prendre des décisions importantes vis à vis de l'Espagne et l'Italie qui connaissent de sérieuses difficultés économiques.

 Des annonces seront faites aussi à ce sujet mercredi, la veille de la présentation des résultats semestriels du géant Français. Les analystes attendent avec beaucoup d'impatience les premières mesures concrètes prises par Georges Plassat qui a promis des résultats d'ici à trois ans.

 

Source: Trad'Consulting, Pascale Besses-Boumard pour la tribune www.latribune.fr

 

 

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