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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 14:19

Difficile de se faire une religion à l’heure de tirer le bilan de l’année 2012 des produits frais. Un bien curieux millésime en fait.

Couverture HS mars 2013

 

D’un côté, les rayons frais libre-service, traditionnels moteurs du marché des PGC, auteurs d’«une petite année», selon les experts de SymphonyIRI, avec même une légère chute des volumes (-0,4%). De l’autre, les rayons «trad», les fruits et légumes, la boucherie, la marée, la charcuterie, letraiteur et les fromages… Des familles à la peine depuis vingt ans, face à des Français de moins en moins férus de cuisine, toujours plus pressés et toujours plus stressés par les à-coups de prix qui caractérisent ces secteurs, mais qui ont pourtant fait des miracles l’an dernier : «une année exceptionnelle » pour les rayons à services, selon les experts de Kantar Worldpanel.

Jugez plutôt, des ventes en volume en hausse de 3%, voire 4,1% même pour les seuls fruits et légumes, des hypers qui en profitent pour grignoter en seulement douze mois plus de 1% d’un gâteau supérieur à 30 milliards d’euros et dépasser 38% de part de marché… Voilà bien longtemps que le secteur « trad» n’avait pas été à pareille fête. Profitant de prix plus mesurés, il a vu revenir les foyers modestes dans ses allées, mais aussi touché les dividendes des investissements engagés par la plupart des distributeurs pour moderniser et dynamiser ces rayons qui ont pris une haute valeur stratégique. À la fois vecteurs de différenciation et porteurs de services, d’image prix, de qualité et de professionnalisme.

La question est de savoir si cette belle alchimie va se maintenir au-delà d’une année 2012 d’exception ou si les choses vont rentrer dans l’ordre, les rayons frais LS retrouvant leur tonus de la dernière décennie et le « trad » ses errements passés ? Les analystes adeptes du temps long inciteront sans doute à la prudence, actant que l’évolution de la consommation plaide pour le prêt-à-l’emploi bien fait et innovant proposé par les champions du frais LS, plutôt que pour des produits frais traditionnels alléchants mais trop marqués par des prix en dents de scie et une météo capricieuse. Sauf que cette théorie d’un retour à la normale, pour plaisante qu’elle paraisse, ne tient pas compte d’un impromptu de taille, à savoir la crise dite du « horsegate ». Parti des lasagnes surgelées en février, le scandale de la viande de cheval a en effet jeté le doute depuis sur la plupart des produits transformés à base de viande et insinué une suspicion larvée plus générale sur les produits frais industriels. Or, la méfiance n’est jamais bonne conseillère à l’heure d’ouvrir son porte-monnaie ou de nourrir sa famille et de recevoir ses amis. Et même si l’industrie se met en quatre pour conjurer ce mauvais coup de sabot sur ses process, l’affaire pourrait durer un moment avant de se tasser. De quoi faire les affaires des bons vieux produits frais traditionnels, stimulés qui plus est par la percée sans précédent des drives, qui oblige les distributeurs à encore davantage investir sur leurs zones marchés. Et de quoi peut-être faire d’une exception une règle.

 

Source: Trad'Consulting par Jérôme Parigi via www.lsa-conso.fr
 

 


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Published by TRAD'CONSULT0136
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