Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:36
 

Tension très vive entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire

Les fournisseurs se disent étranglés par la guerre des prix à laquelle se livrent les enseignes.

Negos-commerciales.jpg

 

 

Les mots sont véhéments ! « Les distributeurs, sans aucune exception, se sont montrés sans foi ni loi », a déclaré l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), dans un communiqué publié lundi 4 mars, alors que les négociations commerciales annuelles avec la grande distribution sur les grilles tarifaires viennent de s’achever. L’Ania dénonce des interlocuteurs « encore plus agressifs que les années précédentes » et son président, Jean-René Buisson a même évoqué un « climat détestable » et « un enfer absolu ».

 

De son côté, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) qui représente une partie des grands groupes de distribution (mais pas Leclerc ou Système U par exemple) a aussitôt répliqué en qualifiant de « propos scandaleux et inexacts » les affirmations de l’Ania. « La grande distribution se bat pour le pouvoir d’achat de 60 millions de Français, cela devrait être le cas de tous les acteurs de la filière, » a dit le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel.

 

Relations houleuses et déclarations abruptes sont devenues courantes lors de ce moment incontournable fixé par le législateur. Comme chaque année, d’octobre à la fin février, les distributeurs et leurs fournisseurs négocient les tarifs de l’année. En l’occurrence, les tarifs pour 2013. « Cela permet notamment aux PME d’avoir plus de visibilité sur leur production », dit Antoine de Riedmatten, spécialiste de la distribution au cabinet Deloitte.

 

 « Chaque année, c’est l’occasion d’un vrai western, dit un cadre de la distribution. Il y a comme une posture des deux côtés, comme un jeu de rôle… Mais ce grand marchandage n’en est pas moins crucial pour les deux parties. » 

Étranglés par la guerre des prix

Pour autant, depuis quelques années, la tension devient de plus en plus vive sous fonds de crise économique. Distributeurs et fournisseurs sont confrontés à une consommation alimentaire qui stagne. Selon Antoine de Riedmaten, les enseignes se sont donc livrées à une guerre des prix pour conquérir des parts de marchés dans un contexte atone.

 

Initiée par les centres Leclerc, cette bataille a gagné tous les groupes, chacun s’engageant à son tour sur les prix les plus bas. Et le nombre de ventes en promotion n’a jamais été aussi élevé que l’année dernière.

 

Ce contexte ne peut que pousser les distributeurs à chercher la stabilité dans les tarifs de leurs fournisseurs qui se disent étranglés par cette guerre des étiquettes. « La majorité des enseignes ont demandé au mieux le maintien des tarifs que nous leur avions consentis en 2012 sans tenir compte des importantes hausses des matières premières cette année, a indiqué Jean-René Buisson. Voire carrément de nouvelles baisses de prix. » 

 

Selon le patron de l’Ania, les seules hausses consenties ont été « au mieux de 2 % » et dans des secteurs où les matières premières ont prix entre 8 et 12 % cette année. Il évoque même des baisses de 2 à 10 % sur certains produits comme les plats cuisinés, le lait ou la charcuterie. La FCD conteste ces chiffres et affirme qu’un bilan chiffré sera bientôt communiqué.

PME et multinationales

« Les distributeurs cherchent à financer leur guerre des prix sur le dos de l’industrie agroalimentaire », dénonce une source proche de l’Ania, au point de mettre en danger, selon lui, de nombreuses entreprises.

 

 L'industrie agroalimentaire demande au gouvernement d'amender la Loi de modernisation de l'économie (LME) pour contraindre les distributeurs à respecter le juste prix des produits et à mener des discussions tarifaires rééquilibrées.

 

Le 5 mars, Coop de France, l'organisation professionnelle qui représente les coopératives agricoles, a demandé à son tour une modification de la LME pour « une vraie négociation entre des milliers de producteurs et sept distributeurs ».

 « En 2012, ce sont près de 5 000 emplois qui ont disparu et cette année 5 000 autres disparaîtront si les pouvoirs publics ne font rien de concret », affirme l’Ania. Et cela dans les entreprises les plus fragiles. À côté de quelques géants, les quelque 10 000 entreprises de l’Ania sont à plus de 90 % des TPE et des PME.

 

Selon Serge Papin, président de Système U, « il ne faut pas faire n’importe quoi, ni d’un côté, ni de l’autre ». Ce dernier critique ainsi les « certaines hausses de tarifs stratosphériques » demandées par certains groupes.

 

Dans La Croix du 25 février, Serge Papin n’en disait pas moins que « la distribution aussi a une responsabilité dans le maintien de ce savoir-faire national. Elle doit l’avoir à l’esprit au moment des négociations. » Autrement dit faire la part des choses entre les multinationales et les PME aux marchés plus étroits.

 

 

Source: Trad'Consulting par MICHEL WAINTROP via www.la-croix.com

Partager cet article

Published by TRAD'CONSULT0136
commenter cet article

commentaires