Partager l'article ! Les grands hypermarchés font de la résistance: Selon SymphonyIRI, les efforts promotionnels relancent les ventes. Les hypers de plus de 6.500 m ...
« Les discours récurrents sur la mort des grands hypermarchés semblent une nouvelle fois mis à mal. Leur résistance est plus forte qu'annoncée ». Dans une étude sur les grandes surfaces alimentaires de plus de 6.500 mètres carrés de SymphonyIRI dont « Les Echos » ont eu connaissance en avant-première, Jacques Dupré, directeur d'études et excellent connaisseur du secteur des produits de grande consommation, met un peu de baume au coeur des Carrefour et autres Auchan.
Chiffres à l'appui, le panéliste démontre qu'au cours des quatre derniers mois (de juillet à octobre), ces magasins que certains analystes avaient comparé à des « dinosaures » en voie de disparition ont réussi globalement à enrayer la baisse de leurs ventes et de leurs parts de marché. Au moins sur leur coeur de métier, à savoir les produits alimentaires et de grande consommation.
Tout en reconnaissant que le cycle de vie du grand hypermarché temple de la consommation des années 1970 « est désormais proche de la saturation » et est « entré dans une phase de redéfinition », Jacques Dupré constate que « l'effort promotionnel accru des enseignes a réussi à récréer de l'attractivité ». « Avec la crise, le comportement de consommation s'est modifié. Aujourd'hui, le "shopper" prépare ses courses en fonction des offres promotionnelles », analyse-t-il.
L'étude intitulée « La meilleure santé des hypermarchés + » montre clairement que si « les grands hypermarchés n'ont pas à proprement parler repris du terrain », « l'hémorragie a été stoppée. » « Ils arrivent à maintenir le niveau de part de marché atteint sur la même période de 2011 et ont même regagné sur plusieurs rayons comme la droguerie-parfumerie-hygiène et l'épicerie », indiquent les auteurs.
Précisément, sur les derniers mois, l'activité promotionnelle (mises en avant de produits ou prospectus) des grands hypermarchés a très fortement augmenté. Elle est passée de 15,3% du chiffre d'affaires en 2011 à 16,8% en 2012. Conséquence directe, au cours du dernier quadrimestre, les ventes des magasins ont progressé de 1,4 %, contre seulement 0,6 % au cours du premier semestre 2012. Certes, les petits hypers de moins de 6.500 mètres carrés, chers à Leclerc, Hyper U et aux indépendants en général, progressent eux de 4,7 %, mais leur croissance était de 6,8 % au cours de six premiers mois de l'année.
Paradoxalement, les gains des grands hypers se font au détriment des hard discounters. « En 2007 et 2008, les hard discounters et Lidl en particulier, ont bénéficié de l'ajout de marques nationales dans leur offre et de la panique des consommateurs. Depuis 2 ou 3 ans, ils reviennent au niveau de 2007. Ils ne profitent plus de "l'effet marques" et les "shoppers" ont moins recours aux premiers prix ».