Fin de matinée dans le supermarché Carrefour de la Beaujoire. Franck Valenteyn le directeur inspecte les présentoirs des produits du terroir (charcuteries, crêpes, légumes, vins, fromages...) disposés de manière à capter le regard des consommateurs. L'animation court tout au long de la semaine. Mais au fil des saisons, les rayons du magasin accueillent des salades, blettes carottes, céleris ou poireaux produits à Thouaré-sur-Loire, chez Guy Bernardeau ; des pommes, poires et jus de fruits bio tirés des vergers de Gérard Placier à Saint-Julien-de-Concelles. Un autre maraîcher ligérien, Jean-Pierre Athimon, fournit les radis. De son côté, un producteur de fromages de chèvre bio angevin, propose neuf références.

« Nous reconduisons cette opération lancée l'année dernière, explique Franck Valenteyn, parce que notre politique est désormais de référencer des producteurs locaux ou régionaux pour les valoriser auprès des consommateurs... » Pas moins de 950 produits de cette nature figurent dans les rayons du magasin de la Beaujoire. Ils célèbrent aussi bien la région nantaise que la Bretagne traditionnelle qui occupe une allée entière au rayon épicerie.

Du muscadet millésimé

Gérard Ganichaud, viticulteur sur 40 ha à Mouzillon, voit dans ce partenariat avec la grande distribution, une opportunité de commercialiser son muscadet. « Nous vendons la majeure partie de notre vin à cette enseigne depuis quinze ans, souligne-t-il. Nous pratiquons aussi la vente directe et le commerce avec les cavistes... » Gérard Ganichaud appartient à une génération de vignerons qui s'organise pour aborder de nouveaux marchés : « Nous prenons peu à peu la place des petits négociants d'autrefois, mais en pariant sur la qualité... » Le viticulteur de Mouzillon dispose de cinq références de muscadet, dont un millésime 2007, au rayon vins du supermarché. Quelques autres producteurs du vignoble nantais sont également représentés.

Une politique commune

Tous les magasins sous enseigne Carrefour ont reçu le feu vert du groupe pour référencer des produits locaux.« C'est un atout commercial », convient Franck Valenteyn qui travaille avec une cinquantaine de fournisseurs de l'ouest. Le manager a même décliné la carte de la proximité avec des vêtements (parkas, marinières...) fabriqués localement. L'enseigne négocie actuellement pour proposer un plus grand volume de poissons pêchés à bord des petits bateaux du littoral breton.

Source: Trad'Consulting par Jocelyne RAT via www.entreprises.ouest-france.fr