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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 01:20

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A chacun sa manière de le dire.

 

Pour la Nouvelle-République, « sodas et jus de fruits ont remplacé le vin à table », pour le Républicain Lorrain, c’est « la débandade des buveurs de vin ».

 

Plus sérieusement, Vitisphere, diffuse un graphique de piles tricolores qui montre les nuances de la situation.

On peut résumer ainsi : certes les « consommateurs réguliers » ne représentent plus que 17% des Français (51% en 1980, c’était hier). Mais 45% des Français boivent du vin une à deux fois par semaine du vin, « occasionnellement », contre 30% en 1980 ».

 

« Depuis 1985, relève Vitisphere, le vin reste la troisième boisson consommée aux repas (derrière l'eau du robinet et les eaux en bouteilles). En 2010, 24 % des sondés consommaient lors de leurs repas du vin, en 1980 ils étaient plus du double (50 %) ».

 

Dans une interview au site Atlantico , Perico Légasse, journaliste et critique gastronomique de l’hebdomadaire Marianne, essaie de cerner ce phénomène. A la question « doit-on y voir une déchéance culturelle »

 il répond : « Oui d'une certaine façon en ce sens que la consommation régulière de vin participe de la culture alimentaire française. Rappelons que le vin n'est pas un produit trophée qui sert à célébrer les grandes occasions ou à afficher un statut social mais une boisson de table destinée à accompagner le repas en donnant un complément alimentaire au contenu de l'assiette. On l'a trop souvent oublié ». Cette désaffection entraîne-t-elle celle de la table, tout court ? La réponse est oui, encore : « Ils se détournent déjà du repas au sens où l'entend la sociologie française, c'est à dire convivialement autour de la table et non en version accélérée individuelle comme c'est hélas de plus en plus le cas. Le repas familial se délite au profit d'une alimentation technique qui permet de se nourrir utilement en consacrant le moins de temps possible à l'acte alimentaire que ce soit sur le lieu de travail ou à la maison. Le vin apporte évidemment la dimension de convivialité et de partage nécessaire à l'humanisation du repas et à l'échange sensoriel entre individus. Aujourd'hui on fait le plein d'énergie comme un véhicule et l'on passe à autre chose ». 

 

 Inutile, toujours selon Périco Légasse, de se réfufier derrière la crise économie. S’il y a crise, elle serait plutôt de valeurs : « Celui qui subit une crise économique directe est le vin simple, le vin modeste, pourtant au rapport qualité prix excellent, du fait de l'effondrement de la consommation quotidienne de vin. Cette viticulture "d'entrée de gamme", pour parler marketing, pourrait cependant trouver des débouchés ailleurs, notamment dans l'Union Européenne, mais il s'avère que la préférence communautaire, qui devrait être un impératif, voire une obligation, est bafouée par tous nos partenaires européens qui vont acheter leurs vins pas chers dans les "nouveaux mondes".

 

A l’aune de cette étude, on prête une oreille attentive au petit discours prononcé par le critique Michel Bettane à l’occasion de la dégustation du Grand Tasting dont il est l’un des organisateurs. « Michel Bettane se fâche ». Ce titre barre l’accueil du site Bettane et Dessauve. Dans une vidéo, ce dernier se félicite du succès de cette manifestation, pour mieux pointer nos failles. « Je suis particulièrement fier de la présence de tous ces jeunes qui sont là pour apprendre le vin, qui ne sont pas là pour prendre une cuite, pour poser des questions aux vignerons, qui sont intéressés par ce produit, qui est aussi un produit emblématique de notre art de vivre, et j’aimerais que par exemple au ministère de la Santé et d’ailleurs où on a tant d’ayatollahs, ils puissent voir à quel point cette pédagogie du vin est utile pour la jeunesse ». La charge ma foi sonne juste, telle une réappropriation identitaire.

Source: Trad'Consulting via www.vitisphere.com

 

 

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Published by TRAD'CONSULT0136
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