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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 13:27

Ampélographie: Des vignerons redonnent vie aux cépages oubliés

Douce noire, romorantin, prunelart, chouchillon: des vignerons français tentent de redonner vie aux cépages oubliés, menacés de disparaître face à la domination de grands cépages internationaux qui ne représentent qu'une infime partie de la biodiversité de la vigne. Vignerons et passionnés se retrouvent ce weekend à Saint-Côme d'Olt, en Aveyron, pour la deuxième édition des Rencontres des cépages modestes, créées en 2011 pour défendre les cépages méconnus, rares et historiques, à l'initiative de Philippe Meyer, chroniqueur à Radio-France.

On estime entre 6.000 et 7.000 le nombre des cépages de vitis vinifera (raisins de cuve et de table) dans le monde et l'Inra en conserve précieusement 2.600 dans son conservatoire de Vassal, près de Montpellier, explique à l'AFP son responsable, Jean-Michel Boursiquot, spécialiste de l'ampélographie, la science qui étude la botanique et l'ADN de la vigne.

250 cépages figurent au catalogue des plants autorisés

Seuls 250 cépages destinés au vin figurent au catalogue des plants autorisés par le ministère de l'Agriculture, ajoute le scientifique. Et 95% de la surface viticole sont occupés par une quarantaine de cépages seulement, dont une bonne quinzaine sont ultraprésents dans le monde entier: chardonnay, merlot, pinot et autre syrah.

Dans sa maison tarnaise de Castelnau-de-Montmirail, au coeur de la région viticole du Gaillacois, Robert Plageoles, 77 ans, raconte son parcours de précurseur de la réhabilitation des cépages autochtones disparus sous les coups du phylloxera, l'insecte ravageur qui provoqua l'arrachage des plants à la fin du XIXe siècle, du productivisme qui a favorisé les cépages aux meilleurs rendements et des règlementations strictes ayant prévalu à la création des AOC.

Issu d'une famille de vignerons, Robert Plageoles ne supportait pas la «perte de mémoire collective» représentée par la disparition des vieux cépages alors que la viticulture française était en perte de vitesse face aux vins américains ou australiens. Il commence en 1982 avec l'ondenc, cépage blanc typique du coin, interdit à l'époque. «Je me suis arrogé le droit de planter», dit-il.

«Quand j'ai déclaré au douanier avoir planté du verdanel», un autre cépage blanc, «il m'a dit: 'il n'existe pas, je ne l'ai pas dans mon ordinateur'. Je lui ai répondu, 'vous non plus vous n'êtes pas dans l'ordinateur, c'est pas pour ça que vous n'existez pas'». Petit à petit, Robert Plageoles a fait renaître la quinzaine de cépages historiques locaux et son prunelart (rouge) s'est retrouvé chez le chef triplement étoilé de l'Aveyron, Michel Bras.

«C'était quasiment un miracle»

Nicolas Gonin, vigneron à Saint-Chef (Isère) pense lui aussi que l'avenir de la viticulture française se joue en partie sur la réhabilitation de son héritage. Sur son domaine de 5 ha, il a commencé en 2005 à planter du persan. Aujourd'hui, «grâce aux cépages anciens, je vends à New York, Chicago, Tokyo alors que je suis complètement inconnu», dit-il, estimant qu'il serait proche du dépôt de bilan avec des cépages conventionnels. «On a sauvé les cépages anciens jusqu'au moment où ce sont les cépages anciens qui nous sauvent», dit-il.

Michel Grisard, vigneron à Freterive, en Savoie, a réhabilité la mondeuse dans son département et préside le Centre d'ampélographie alpine (CAA), créé en 2007 pour débusquer les cépages locaux en perdition. «On fait de l'archéologie viticole et on a fait de belles découvertes», raconte-t-il. Par exemple, le CAA a retrouvé 14 pieds de bia blanc dans une très vieille vigne à Apremont (Savoie). «C'était quasiment un miracle», dit Nicolas Gonin, vice-président de l'association. «L'un des plus qualitatifs de Rhône-Alpes», ce cépage vient d'être ré-autorisé, tout comme la mècle et la sérènèze, ajoute-t-il.

La procédure de reclassement administratif des cépages n'est pas simple - il faut retrouver plants, bibliographie et référencement, souvent auprès du domaine de Vassal - mais elle s'est assouplie depuis quelques années, explique Jean-Michel Boursiquot. Certains rêvent comme Robert Plageoles d'aller plus loin. Depuis le phylloxera, les cépages sont greffés sur des porte-greffes, des hybrides américains résistants, et il voudrait revenir «à la viticulture originelle sans greffage».

Source: Trad'Consulting par  AFP via www.20minutes.fr

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Published by TRAD'CONSULT0136 - dans Vos Clés de la Cave
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